L’atmosphère du festival au jour le jour – JOUR 1 – Samedi, 30 octobre 2021

40 ANS APRÈS FITZCARRALDO

 

En 1982, lors de la toute première édition du Festival, les fondateurs Jacques Matte, Louis Dallaire et Guy Parent présentaient comme film d’ouverture la première nord-américaine de Fitzcarraldo du réalisateur allemand Werner Herzog. Un long métrage racontant l’histoire d’un homme qui rêve de construire un opéra au cœur de la forêt amazonienne. Un film célébré depuis pour son gigantisme et son tournage difficile sur l’Amazone et ses affluents.

Quelle ironie remplie de symbolisme de constater que, 40 ans plus tard, ce qui était considéré par plusieurs comme une « idée folle », celle de créer un festival de cinéma international au cœur de la forêt témiscabitibienne (dite trop loin des grands centres), au milieu de l’automne (dit trop rigoureux), est un succès vanté depuis ses débuts par ses invités et ses festivaliers.

De cette manière, naviguant dès le départ à contre-courant, usant d’audace pour monter une équipe unique de bénévoles de talents, usant de diplomatie pour orchestrer des partenaires complices et fidèles, ils ont réussi à surmonter les nombreux écueils que les années amènent inévitablement. Que ce soit la soirée référendaire de 1995 tombant en plein festival; ou l’élection états-uniennes corsée de l’an 2000 qui aurait pu détourner Stéphan Bureau vers Washington, mais qui a finalement choisi Rouyn-Noranda pour animer en direct du Théâtre du cuivre le Téléjournal; ou bien les contre-coups des compétitions entre festivals dans la métropole québécoise; ou encore le mauvais temps d’ici ou de Montréal; ou même une pandémie compliquant la tenue de l’événement avec des spectateurs et des invités en personne… Rien n’y fait; les défis sont continuellement surmontés et les sceptiques toujours confondus.

Ainsi perdure et grandit sans cesse depuis quatre décennies cette supposée « idée folle » à la Fitzcarraldo.

 

 

LE FESTIVAL DE TOUS LES POSSIBLES

 

Le rayonnement médiatique du Festival est désormais tous azimuts et atteint des publics des plus variés. Au même moment où se déroulait la première représentation de la soirée d’ouverture, les animateurs à l’humour caustique, mais souvent révélateur, de l’émission radiophonique La soirée est encore jeune sur les ondes d’Ici première discutait du Festival avec leurs invités.

« Je suis allé à plusieurs reprises au Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue. J’ai adoré ça. C’est tellement amusant! », a d’entrée de jeu témoigné la renommé journaliste Nathalie Petrowski. « Et en plus, cette année, c’est leur 40e et ils rendent hommage à Rock Demers et à ma maman Minou Petrowski. Oui. J’adore ce petit festival. Pardon. Ce GRAND festival », se reprend rapidement la très respectée critique de cinéma.

« Oui. Effectivement. Minou Petrowski a été une des premières Montréalaise à daigner venir nous voir ici en Abitibi-Témiscamingue », précise l’animateur et journaliste de la région Félix B. Desfossés avant d’expliquer en long et en large qu’il fait partie des enfants du Festival et comment l’événement l’a transformé profondément, lui et sa génération. « J’ai 38 ans et dès notre enfance, on faisait des sorties scolaires chaque année pour se faire initier au cinéma. Tout ça a changé notre perspective sur le cinéma et sur la culture parce que quand tu es enfant et que tu peux rencontrer des artisans du cinéma avec une grande proximité chaleureuse, ça rend la culture tellement plus accessible, plus concrète. Ça fait que, plus tard, une année, j’ai pu aller souper avec Bernard Derome. Une autre fois, tiens, avant une fête d’après soirée, j’ai pu uriner entre l’acteur James Hyndman et le réalisateur Jean Beaudin. Et là on a eu une de ces malaisantes discussions d’urinoir. C’était génial! », nous confie avec humour Félix B. Desfossés. « À 18 ans, j’étais serveur au Théâtre du cuivre, j’ai servi un verre à Pierre Falardeau venu donné une conférence dans mon cours de cinéma… Ça vous donne une idée de la crème qu’on rencontre tout naturellement comme ça », souligne fièrement le journaliste.

« J’ai vu votre programmation cette année et vous avez de maudits bons films! C’est une super belle programmation! », insiste avec justesse Nathalie Petrowski tout en mentionnant l’importance des primeurs pour un festival alors qu’il y en a 15 mondiales, 8 nord-américaines, 12 canadiennes et 15 québécoises sur les 111 films que compte cette 40e édition.

 

UNE 40E SOIRÉE D’OUVERTURE PLEINE DE PANACHES

 

Encore cette année, considérant les mesures sanitaires, l’organisation du Festival avait programmé deux représentations pour qu’un plus grand nombre de festivaliers puissent assister au bloc de films d’ouverture.

Lors de la représentation de 17h00, profitant du fait qu’Ariane Giroux-Dallaire devait se trouver sur scène en tant que représentante de la compagnie de distribution MK2 | MILE END, pour introduire le film d’ouverture Tout s’est bien passé, l’organisation du Festival avait préparé dans le plus grand secret une surprise aux trois fondateurs.

« C’est extrêmement difficile de préparer une surprise pour ces trois-là », explique Ariane en désignant les fondateurs toujours sur scène pour l’ouverture officielle du 40e Festival. « Mais vous ne savez pas à quel point c’est difficile », insiste Ariane, fille du cofondateur Louis Dallaire qui avait deux ans lors du premier Festival et a commencé à travailler dans le monde du cinéma quand le Festival avait 17 ans. « J’étais tombée dedans quand j’étais petite, mais je ne le savais pas. Les enfants du Festival ce n’est pas seulement les enfants de Louis, Guy et Jacques. C’est aussi des rêveurs et des rêveuses qui peuplent toute la région. L’an dernier les trois gars ont reçu un doctorat honoris causa lors d’une séance semi-virtuelle, j’aimerais ce soir qu’on les applaudisse de façon réelle », a convié Ariane sous les applaudissements de la salle.

À leur plus grande surprise, pour souligner les 40 ans de passion des trois gars, on leur a remis des plaques arborant le panache de l’animal emblématique du Festival : l’orignal.

Contre toute attente, alors que Guy Parent brandissait fièrement sa plaque, la tête du trophée s’est détachée pour se retrouver par terre sur la scène du Théâtre du cuivre. Puis, ce fut au tour du trophée de Louis Dallaire de perdre la tête.

Jacques Matte, pince sans rire, en a profité pour se moquer de ses deux complices en feignant le découragement, regardant au plafond, haussant les épaules, dodelinant de la tête et tenant héroïquement à l’horizontale sa plaque toujours en un seul morceau, provoquant l’hilarité dans la salle et sur la scène. Un autre moment révélateur de la complicité indéfectible entre les trois fondateurs où on devine que les imprévus, qu’ils soient petits ou grands, ne tournent jamais à la catastrophe. « J’imagine que c’est ça qui arrive quand on a du panache », a finalement bien récupéré l’animatrice officielle du Festival Mélanie Nadeau.

 

 

PRÉCURSEUR DEPUIS LE PREMIER JOUR

 

« C’est la meilleure programmation de tous les temps! », affirmait avec assurance le co-fondateur du Festival, Guy Parent, lors du dévoilement de la programmation le 12 octobre dernier où il soulignait que la particularité du tout début du Festival (présenté dans un même bloc de projection, autant des courts métrages et des films d’animation avec un ou deux longs métrages) se poursuit.

De cette façon, pour cette 40e édition, parmi les 111 films présentés provenant de 27 pays (incluant 50 premières), on trouve dans les catégories courts métrages et films d’animation, pas moins de 90 films provenant de 15 pays.

 

JEAN-MARC VALLÉE INAUGURE LE CONCEPT DE TRÈS COURT MÉTRAGE DU FESTIVAL

 

Une innovation cette année: une série de très courts métrages. Ce sont des capsules d’environ une minute présentées en début de chaque bloc de projections. Un projet réalisé par les cinéastes Béatriz Mediavilla, Cédric Corbeil et neuf étudiants du programme Arts, lettres et communication du CÉGEP de l’Abitibi-Témiscamingue. Ces messages d’artistes du cinéma enregistrés sur répondeur sont de véritables témoignages d’amour pour le cinéma; des hommages bien sentis à la 40e édition du Festival.

Et pour inaugurer le concept en cette soirée d’ouverture, le choix du réalisateur Jean-Marc Vallée, un grand défenseur du format court métrage, était tout désigné. D’autant plus qu’il est un habitué et un admirateur du Festival depuis longtemps.

 

PIERRE CURZI ET PHILIPPE BESNER

 

La soirée d’ouverture s’est poursuivie avec la présentation du court métrage de fiction Le médiateur avec sur scène l’acteur Pierre Curzi et le réalisateur Philippe Besner.

« J’ai quelque chose à vous avouer. Je n’ai pas la COVID, ne vous inquiétez pas », plaisante le réalisateur de l’Institut national de l’image et du son (INIS) sous les rires des spectateurs avant de nous révéler certains détails entourant son film. « Justement, dans ce contexte de COVID, c’est la première fois que j’ai la chance d’assister à la projection de ce film en présentiel et donc je suis vraiment heureux de vous le présenter ce soir. D’autant plus qu’on est venu en avion. Je ne sais pas si c’est toujours comme ça, mais moi, je suis grandement impressionné. Merci beaucoup au Festival et à Pierre Curzi d’être aussi présent ce soir. Il était notre choix numéro un pour interpréter ce personnage. La directrice de casting m’avait dit qu’il voulait me parler avant d’accepter le rôle. Quand mon téléphone a sonné pendant un cours de l’INIS, alors que c’est strictement interdit de prendre des appels en classe, on m’a dit : « Si c’est Curzi, c’est correct! » J’ai donc pu y parler 15 minutes et au bout de cet appel il m’a dit que c’était bon. Donc, merci Pierre, merci au Festival », a conclu Philippe Besner devant l’acteur, heureux également de s’inscrire dans ce 40e à plus d’un titre puisque Pierre Curzi est également présent au Festival pour transmettre avec d’autres artisans de renom son expérience à des jeunes dans le cadre de la 2e édition du Talent lab nordique : LA WATCH.

 

 

FRANÇOIS OZON PRÉSENTE SON FILM EN PREMIÈRE QUÉBÉCOISE

 

Tout juste avant la projection du long métrage Tout s’est bien passé mettant en vedette Sophie Marceau et André Dussollier, le réalisateur François Ozon nous a parlé via vidéo : « Je suis très heureux que vous soyez là pour voir mon nouveau film et que vous soyez en plus dans une salle de cinéma, car je pense que c’est très important, surtout de nos jours, de continuer d’aller dans des salles de cinéma. J’espère que le film vous plaira et vous aidera à mieux comprendre, à vous poser des questions sur la vie, la mort ainsi que l’amour entre un père et une fille. Merci. À très bientôt », a conclu le prolifique réalisateur français. Bien que le sujet difficile de l’aide à mourir dont il est question nous bouleverse à plus d’un moment tout au long du film, les cinéphiles ont pu apprécier les grandes qualités artistiques du long métrage ainsi que les nombreux et très étonnants moments humoristiques qui ont suscité souvent des réactions très fortes des spectateurs : les rires, les larmes et même les cris d’étonnement entendus ou vus pendant la projection le prouvent bien.

 

 

ÉCHANGES ÉMOUVANTS ET RÉVÉLATEURS AVEC LA RÉALISATRICE SOPHIE DUPUIS

 

Samedi après-midi, juste avant le début officiel de la 40e édition du Festival, avait lieu une séance spéciale gratuite du film Souterrain en présence de la réalisatrice Sophie Dupuis originaire de Val-d’Or et suivie d’une période de questions animée par Martin Guérin.

C’est encore sous le coup de l’émotion suite au visionnement du long métrage rendant hommage aux travailleurs miniers que l’animateur et certains spectateurs nous ont permis de découvrir une multitude de détails sur ce film tourné en bonne partie à Val-d’Or.

Elle nous a généreusement expliqué ses premières inspirations pour le scénario dont l’écriture s’est échelonnée sur 10 ans; l’importance qu’elle accorde aux choix des interprètes et aux répétions d’avant tournage; l’avantage d’être une femme pendant ses recherches afin de découvrir les véritables émotions des gars de mine; le rayonnement du film un peu partout dans les festivals; et le travail d’acteur exceptionnel de Théodore Pellerin, qui a été chaudement applaudi même s’il n’était pas présent dans la salle.

 

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