DIMANCHE 28 OCTOBRE 2018 – L’ATMOSPHÈRE DU FESTIVAL AU JOUR LE JOUR À L’ÉCRAN, SUR SCÈNE, EN COULISSE… PARTOUT

JOUR 2
DIMANCHE, 28 OCTOBRE 2018
BOUILLON DE CULTURE
OU
UN APRÈS-MIDI À SAVEUR RÉGIONALE… ET FÉMINISTE
La région et les femmes étaient à l’honneur dimanche après-midi et de très belle façon avec cinq courts métrages témiscabitibiens de grandes qualités dans le cadre du projet 5 courts de l’Office nationale du film (ONF). La productrice Nathalie Cloutier a débuté sa présentation sur scène en rappelant avec humour qu’elle est né à Val-d’Or : « Je suis resté là que quelques mois, mais ça doit compter », blague la productrice de l’ONF sous les rires et applaudissements de l’assistance. « C’est la 3e édition de cette initiative qui change de région à chaque fois. Cette fois-ci, c’est l’Abitibi-Témiscamingue et on fait ça avec un partenaire régional et c’est Serge Bordeleau que je salue, car il devrait être ici en tant que co-producteur, mais il vient d’accueillir un nouveau bébé. Donc, c’est une bonne excuse pour ne pas être présent. Je salue également Cédric Corbeil qui est dans la salle et qui a participé à la production des cinq films. Le but est de mettre le projecteur sur des créateurs qui créent en région. Donc, vous allez découvrir les films de ces cinq jeunes réalisatrices qui ont réussi le défi de faire de très courts documentaires (3 minutes), avec une histoire, un point de vu et, en plus, une signature d’auteur. La barre était haute, mais elle l’ont relevé haut la main. Félicitations mesdames », conclue Nathalie Cloutier avant de passer la parole à la réalisatrice de MAMIE ET MIA, Émilie Villeneuve.
« Un petit mot pour remercier l’ONF de ce projet extrêmement pertinent. Au-delà de ce que Nathalie disait, on a cinq femmes ici. Oui. On voit de plus en plus de femmes prendre la place…  », souligne Émilie Villeneuve interrompue par les applaudissements et les bravos. « De plus en plus, on voit des femmes ressortirent. Hier, on avait CHIEN DE GARDE avec Sophie Dupuis, mais ce n’est pas encore facile, on a toujours un peu le préjugé qu’une femme va faire un film de filles et qu’un gars va faire un film tout court, pour tout le monde.    Ce qui est tout à fait faux. On a besoin de modèles, comme Sophie, mais aussi que les institutions nous encouragent et nous forcent, même, à créer et à revendiquer notre statut de réalisatrice », déclare avec émotion la réalisatrice qui est aussi à la direction générale du Festival.
« Bravo Émilie pour ces belles paroles », poursuit la réalisatrice de LA CHARGE MENTALE POUR LES NULS, Jessy Poulin. « J’aimerais remercier Émilie Villeneuve et Serge Bordeleau, sans qui je ne serais pas ici. La gang de l’ONF, merci de votre confiance, c’est extraordinaire. En plus, c’est un honneur de faire ça ici, en région, et d’être reconnu par ses pairs. Ça me touche, vraiment beaucoup. »
« Kwe, bonjour », continue la réalisatrice du court métrage LES ENFANTS NOMADES, Évelyne Papatie, originaire de Kitcisakik. « Merci à l’ONF et merci à vous gens de Rouyn-Noranda. »
« Moi aussi, je remercie beaucoup l’ONF parce que c’était un projet merveilleux à faire », insiste à son tour la réalisatrice du film ORTEILS TALONS ORTEILS TALONS, Gabrielle Cornellier.
Puis, c’était à Délia Gunn, aussi originaire de Kitcisakik, de présenter son film DELIA DE 9 À 5. Ce qu’elle fit dès le départ avec un fou rire sympathique qui a conquis la salle « J’aimerais remercier l’ONF et en particulier Serge Bordeleau qui m’a tirée jusqu’à la réunion. On parlait de charge mentale avec le film de Jessy Poulin. Eh bien, je vais te montrer, moi, avec mon film, c’est quoi de la charge mentale », a lancé Délia Gunn avec beaucoup d’humour et sous les rires et les applaudissements de la salle.
Enfin, le réalisateur Dominic Leclerc est venu présenter le documentaire CULTURAT. « En fait, j’ai le goût de remercier notre région, l’Abitibi-Témiscamingue, qui a depuis toujours des humains qui n’ont pas peur de tremper une spatule dans le bouillon, de brasser ça. Parfois, ça éclabousse, parfois non. Inévitablement, ça fait brasser des choses et CULTURAT, c’est un peu ça, c’est une grosse louche dans une soupe dont on peut être fier et j’ai bien hâte d’en discuter avec vous après la projection », a conclu Dominic Leclerc.
RICARDO TROGI SE LIVRE SANS BORNE À ROUYN-NORANDA
Encore cette année, le Festival nous a offert un brunch-conférence qui ne nous a pas laissé sur notre faim. Après Patrick Huard l’an dernier, c’était au tour du réalisateur Ricardo Trogi de répondre aux questions toujours pertinentes de l’animateur et professeur de cinéma Martin Guérin. En confiance, fidèle à lui-même, il a déballé une pléthore d’anecdotes parfois très intimes.
Comme celle où un avocat, relisant le scénario de son long métrage largement autobiographique 1981, lui demandait de contacter son amour d’enfance pour avoir la permission de parler d’elle dans son film. Heureusement, la fille en question était plutôt flattée d’apprendre des dizaines d’années plus tard qu’elle avait été son amour secret d’enfance. Elle s’est même empressée de lui envoyer une photo de l’époque où ils étaient ensemble. Quel choc pour le réalisateur de recevoir la photo en question et de découvrir que ce n’est pas lui à ses côtés, mais un de ses amis. Lui, était en arrière plan admirant en secret la fille. Une photo qui lui confirmait à quel point son film était fidèle à la réalité a confié le réalisateur sous les rires de l’assistance.
C’est donc un Ricardo Trogi visiblement heureux d’être là qui a expliqué en long et en large son parcours. Toujours avec beaucoup d’humour, il s’est montré d’une grande générosité. Expliquant parfois des éléments techniques pouvant intéresser les initiés, mais bien vulgarisés, à la grande satisfaction de tous. Bref, il a su captiver du début à la fin son auditoire comme le démontrent les nombreux sourires à répétition sur les visages.
UN GRAND FILM PRIMÉ RAVIT LES CINÉPHILES DU DIMANCHE MATIN
La coproduction Islande/France/Ukraine WOMEN AT WAR a attiré une foule importante au Théâtre du cuivre ce dimanche matin. Un long métrage qui a emballé plus d’un spectateur. Les commentaires positifs des festivaliers semblent tellement généralisés que plusieurs cinéphiles regrettent de l’avoir manqué. « C’est tellement bon, je crois bien que c’est ce film qui va gagner », s’enthousiasme Ginette. Attends Ginette. Tu n’as pas tout vu!
EN PYJAMA OU EN COSTUME D’HALLOWEEN
LE CINÉ-MUFFIN AU PETIT THÉÂTRE DU VIEUX NORANDA EST UN SUCCÈS
Pas de cocktail météo comme dans le sud-est du Québec, mais quand même un mince tapis blanc recouvre ce matin le sol de Rouyn-Noranda. Rien pour diminuer la surexcitation des enfants conviés au ciné-muffin du Festival. D’autant plus que cette année, c’est au Petit Théâtre du Vieux Noranda qui accueille ce jeune public en formation dans un environnement plus familiale que jamais.
Et pour cause. Il s’agit d’une salle bien adaptée et sécuritaire où les enfants ont moins de contraintes que ce qu’ils avaient avant au Théâtre du cuivre. Ils peuvent s’asseoir sur des matelas et continuer à manger pendant la projection. Pour leur part, les parents ont l’opportunité d’être confortablement installés en retrait ou de rester avec leurs jeunes enfants sur les tapis.
C’est près de 300 personnes qui étaient présentes. Des enfants sont venus en pyjama, d’autres en costume d’Halloween. Il y avait de la bonne humeur. Il faut dire que le film d’animation choisi, PACHAMAMA, était magnifique avec ses images colorées. Puis, la qualité de projection et le son étaient impeccables. Les enfants ont pu découvrir la culture péruvienne par ce film, mais aussi avec la présence d’une Abitibienne d’originaire du Pérou qui est venue leur montrer des éléments de sa culture dans une salle décorée avec des drapeaux et des cornes pour évoquer ce pays situé au coeur des Andes. Jeunes et moins jeunes ont passé un moment des plus agréable, repartant satisfaits et très contents de leur dimanche matin. Un belle amélioration démontrant que les organisateurs du Festival ne se reposent jamais sur leurs lauriers.

 

 

Texte : Alain Aylwin
Photo : Louis Jalbert
Vidéo : Tim de Bouville